Festival de Cannes

Gérard, président du Groupement des Acteurs de GuadeloupeRencontre avec Gérard Lefort, président du Groupement des Acteurs de Guadeloupe (GAG), présent au Festival de Cannes pour la promotion du film « Le gang des Antillais », soutenu par la conseil régional de la Guadeloupe

 

 

1. Qu’est-ce que le Groupement des Acteurs de Guadeloupe et à quoi sert-il ?
Le Groupement des Acteurs de Guadeloupe est un collectif de comédiens, professionnels, semi-professionnels et amateurs, qui a pour objectif premier la valorisation des comédiens de la Guadeloupe sur un plan local, national et international.
Ce groupement se veut être une force de propositions auprès des collectivités et des décideurs pour améliorer le fonctionnement de la vie culturelle guadeloupéenne. La seconde préoccupation est de générer une dynamique de solidarité en rompant les isolements géographiques tant au niveau de l’archipel qu’au niveau des relations avec l’hexagone, avec comme principal outil, une veille artistique, permettant une mutualisation des réussites et provoquant des rencontres propices à de nouvelles créations.

2. Pourquoi êtes-vous présent aujourd’hui à Cannes dans le cadre de la délégation du conseil régional de Guadeloupe ?
Pour cette année 2012, le GAG est l’un des deux partenaires privilégiés du conseil régional, l’autre étant le Comité du Tourisme des Îles de Guadeloupe, pour la manifestation organisée dans le cadre du festival de Cannes. En effet, le conseil régional a décidé cette année de faire un focus sur l’actoring guadeloupéen, d’où laprésence du GAG.

3. Quel est votre implication dans la réalisation du film « Le gang des Antillais » ?
Le GAG est une structure récente puisque ses statuts ont été déposés en préfecture en mars 2010. De ce fait nous ne sommes pas impliqués dans la réalisation du film « Le gang des Antillais » qui est porté par Jean-Claude DARNY depuis de nombreuses années.

4. Qu’est-ce qu’il manque aujourd’hui aux Antillais pour qu’ils soient compétitifs au niveau national et international ?
Votre question porte en elle l’illustration des difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Si nous étions du côté d’Amiens, vous ne m’auriez pas posé la question suivante : « Qu’est-ce qu’il manque aujourd’hui aux Picards pour qu’ils soient compétitifs
au niveau national et international ? ». Je veux dire par là qu’on se heurte à la représentation que se font les producteurs et les réalisateurs, des rôles pouvant être interprétés par des Antillais.

5. Comment sont formés les acteurs/comédiens en Guadeloupe ? Pensez-vous que cette formation est suffisante ?
Quand on parle d’une vie de saltimbanque cela évoque les voyages, les rencontres. Les comédiens professionnels guadeloupéens qui sont passés par une formation initiale peuvent l’avoir acquise aussi bien dans l’hexagone qu’au Canada, aux États Unis ou au Danemark ! C’est vrai qu’actuellement il n’y a pas de conservatoire en Guadeloupe, mais un projet, porté par le conseil régional, existe, avec l’ambition d’être un pôle d’excellence ouvert sur la Caraïbe et pour la Caraïbe. Pour ce qui est de la formation continue, le partenariat entre « La Réplique », collectif de comédiens professionnels de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et le GAG devrait pouvoir apporter une nouvelle dynamique.

6. Quel a été le moment fort de votre séjour à Cannes durant le Festival ?
Tout d’abord, je suis content : mes deux rendez-vous, l’un avec le président de l’Adami et l’autre avec les représentants de « La Réplique », se sont révélés pleins de potentiel pour des réalisations concrètes au bénéfice des comédiens guadeloupéens. Sur un plan personnel, la journée du 24 m’a permis de rencontrer des réalisateurs et de leur exprimer mon désir de tourner. En effet, comédien paraplégique président du Groupement des Acteurs de Guadeloupe, mes interlocuteurs voyaient surtout en moi l’administratif. Or, je veux revendiquer haut et fort ma volonté d’être comédien. Cette année des films comme « De rouille et d’os » ou « Intouchables » ont mis en scène des personnages porteurs de handicap. Mon rêve est que dans les décennies qui viennent, on propose ces rôles à des comédiens porteurs de handicap et non pas à des valides. Cela me fait penser aux débuts du music hall, où sur scène, les personnages « de couleur » étaient des caucasiens grimés. De plus, il faut que les choses évoluent et qu’on puisse trouver des présentateurs de télévision, des juges ou des professeurs joués par des comédiens en fauteuil, non parce qu’ils seraient en fauteuil, mais parce qu’ils seraient bons comédiens. C’est la même problématique pour toutes les minorités auxquelles s’accrochent des préjugés.

Gérard, président du Groupement des Acteurs de Guadeloupe